La fête de la musique vécue à Fribourg
23.06.2010: correction des nombreuses fautes. Désolé!
Malgré le fait que le football aie le monopole ces derniers jours, il n’en fallait pas oublier pour autant des manifestations comme la Fête de la Musique.
Etant sur place, c’est donc dans la ville de Fribourg (CH) que j’ai ouvert mes oreilles et tenté d’ouvrir mes horizons. Bien que plusieurs scènes étaient mises en place, je me suis contenté surtout de faire la navette entre deux d’entre d’elles: Place Georges Python et Rue de Romont. Ces dernières étaient clairement orientées Rock, ce qui ne fut pas pour me déplaire.
On commence donc les hostilités (pour ma part) avec Dirty Sound Magnet, dont j’avais déjà écrit un billet à la sortie de leur album. A l’époque j’avais déjà été très emballé par leur musique et leurs qualités techniques, chose qui se confirma en live. Président pour la première fois à un de leurs concerts, je me dois aussi de relever leur présence scénique. On sent que le groupe n’en est plus à son premier essai et la communication avec le public aurait sûrement été encore bien plus sympa si le match de foot de la Suisse ne s’était pas tenu en même temps, contre le Chili.
Au final, on a eu droit à un Rock funky, bluesy, mais surtout péchu et entraînant gratifié de plusieurs improvisations et soli bien sentis. Si le chanteur n’est pas le même que sur l’album, je peux vous dire que ça ne m’avait pas sauté aux oreilles. Sa voix est sûre, très bien posée et à aucun moment on a l’impression qu’il se met au-dessus de ses moyens, au contreaire. Les diverses démonstrations du guitariste, Stavros, ne passèrent pas inaperçues. Un toucher de guitare digne des années 70, inspirées des grands Jimmy Page ou autres virtuoses de l’époque, étaient d’une efficacité redoutable. Il en va de même pour la basse, qui nous a gratiné d’un passage « slapé » solide et de la batterie dont on ne peut objectivement relever aucun défaut. Il en aurait fallu un peu plus, mais l’organisation était quasi militaire : aucun débordement toléré!
S’en suivit le concert de Yann Bé, que j’attendais aussi avec impatience. Contrairement au groupe précédent, je découvrais totalement leur musique, n’ayant qu’une seule donnée à ma disposition: c’est de la musique française. Convaincu que le groupe ne fut pas programmé par hasard à l’édition 2009 du Rock Oz’Arènes, j’ai rapidement compris pourquoi. Alors oui, c’est la chanson française, avec des textes bien sentis, tout en ayant pas pu entendre le tout convenablement, le réglage du son étant bien perfectible. Yann, le chanteur, use d’une voix que je me permettrai de comparer à celle de Renaud, que l’on peut aussi citer dans les influences de composition. Toutefois, on a droit tour à tour à des instruments divers comme la guitare accoustique, le violon, le bandonéon ou le clavier, le tout bien rythmé, effleuré, léger, et somme tout Rock N’Roll. Un bon moment que nous a procuré le groupe, malgré les divers problèmes techniques. Vivement l’album prévu pour octobre.
Pour la suite, je serai un peu plus concis, en effet, on a de loin pas présidé à la totalité des concerts donnés. Il en va de Sébastien Peiry, chanteur de Dirty Sound Magnet, aidé d’une partie des musiciens de ce même groupe. Là aussi on s’attaque à des chansons écrites en français, mais dont l’univers musical reste tout de même clairement ancré dans le Rock, très proche des couleurs du premier groupe cité.
Puis nous fûmes amenés à l’autre scène, de la Rue de Romont, où nous sommes tombés sur Ka. Certes le groupe était présenté comme faisant du post-rock, mais tout de même très atmosphérique par moments. Cette empreinte était donnée par le guitariste, armé d’un instrument peu conventionnel. Sa guitare, électrique, n’avait que la forme du manche et son utilisateur n’en jamais gratté les cordes. Il faisait preuve d’un doigté hors du commun, usant du « tapping ». Visiblement cette scène était plutôt osée au niveau de la programmation, puisque les quelques groupes que nous avons suivis, arpentaient des aspects du Rock qui ne font spécialement l’unanimité.
Sur cette scène encore, s’en suivirent encore deux groupes. Tar Queen, du stoner bien senti et bien « couillu » et puis Pants on Fire, que je n’aurais pas classé dans le stoner aussi, mais plutôt dans un relan de punk des années 80 peu convaincant, notamment par la prestation de sa vocaliste.
De retour à la scène de la place Georges Python, Strong T, a contrasté dans tous les aspects. La moyenne d’âge est du coup plus élevée. On a donc droit à des personnages qui ont bien plus d’expérience, bien plus nombreux (on a compté 7 intervenants sur scène) et des sourires larges communicant une expérience d’écoute de l’auditeur très sympa. Ici, on a eu droit à du bon blues, teinté de Jazz. On en a tapé du pied!
Cette scène finira avec Fri-Fusion, un combo funk, très funk, animé d’une chanteuse douce et dotée d’une sensualité proche de la soul. Là aussi, la scène fut presque trop petite pour le nombre de musiciens, nous distillant de la musique entraînante, festive et gorgée de sourires.
Au bilan, on remerciera bien évidemment tous les groupes participant à la manifestation. Ils mettent leurs talents à disposition de cette fête de manière gratuite et ne rechignent pas à la tache. Pour l’occasion, Dirty Sound Magnet distribuait gratuitement son album, beau geste! La même gratitude s’applique aux institutions qui mettent à disposition les moyens techniques et divers permettant la bonne tenue des concerts. Dans les quelques points négatifs, on peut tout de même citer des boissons gratuites refusées au groupes précités (y compris les sodas au cola), un comble pour une manifestation qui mise sur le bénévolat, la gratuité et le fait que tous les intervenants jouent le jeu.
On passera aussi en revue le staff technique, dont on a eu l’impression qu’il tenait à écourter les prestations sans avertir, ou minimiser les soudchecks des divers groupes, mais ceci fut surtout valable pour Yann Bé.
Autre point de détail, fut évidemment la météo, mais on n’y peut rien. Un 21 juin au soir gratiné d’un maigre 10°C, a évidemment contribué à ce que les rues soient bien moins remplies qu’ à l’habitude, sans parler du drainage que provoque les matches de la Coupe du Monde de football…

